Aujourd'hui, le maire de Newy-York m'a fait pleurer
- olivier-simard

- 1 juil.
- 4 min de lecture
Le discours du maire Zohran Mamdani après la victoire des Knicks en finale de la NBA a fait fondre mon cœur. Il faut dire que le sport est une de mes cordes sensibles. Au mois d’avril dernier, durant l’hymne national du match numéro 5 entre le Canadien et le Lightning, la caméra s’est posée sur le visage de Jakub Dobes et mes yeux se sont remplis d’eau. Les grands discours me font de l’effet. L’autre soir, je lisais celui de Lou Gehrig au Yankee Stadium en 1939, quelques mois avant sa mort, et ma voix s’est mise à trembler. C’était plus fort que moi. Cela étant dit, en toute objectivité, le discours prononcé par le maire Mamdani le 18 juin dernier était exceptionnel. Voici cinq éléments que j’ai trouvés particulièrement efficaces :
1. Une phrase d’ouverture qui donne le ton.
“My fellow New Yorkers—for 53 long years, we have watched and we have waited.”
En parlant au « nous » dès le départ et en répétant ce procédé jusqu’à la fin de son discours, Mamdani se positionne d’abord et avant tout comme un fan – sous son veston, il porte d’ailleurs son chandail des Knicks. Mamdani est un des nôtres et il partage notre souffrance de ne pas avoir gagné pendant aussi longtemps. Ensemble, nous avons attendu. Ensemble, nous avons traversé des épreuves. Cette prémisse met parfaitement la table pour la suite.
2. Un recours à la mémoire collective. Immédiatement après sa phrase d’ouverture, Mamdani enchaîne avec une énumération épique de moments et de grands joueurs ayant marqué le long chemin de croix des Knicks depuis leur dernier championnat en 1973. En voici un extrait :
“We waited as the memory of Willis Reed winning the championship on one leg grew fainter and fainter. We waited as Clyde came up clutch again and again...as John Starks dunked on Jordan and Patrick Ewing dunked on the Pacers...”
En plus d’être un hommage aux légendes qui ont façonné l’histoire de l’équipe, cette longue série de faits d’armes unit la foule autour d’une mémoire commune et génère un énorme sentiment de fierté collective. Nous sommes gonflés à bloc.
3. Un hommage à la solidarité citoyenne. Après la partie « historique » du discours qu’on pourrait nommer « l’attente de cinquante-trois ans », le maire nous emmène dans un passé plus récent, en soulignant l’euphorie et la solidarité qui ont envahi la ville ce printemps, alors que l’équipe se frayait un chemin jusqu’à la grande finale.
“Over these past weeks, as the Knicks kept winning, our city has come together as one. Neighbors invited neighbors over. Strangers high fived one another in the street. Subway conductors sang their announcements and bus drivers danced behind the wheel.”
Mamdani utilise ensuite cette formulation que je trouve extraordinairement claire et puissante :
“So often, when this city comes together, it is because we are forced to by a moment of tragedy or adversity. What a gift it is to be brought together by pure, unfiltered joy.”
Mon Dieu que c’est beau.
4. Nous avons défié les probabilités. Mamdani fait ensuite référence au match numéro quatre de la finale, alors que les Knicks tiraient de l’arrière par 20 points, avec neuf minutes à faire à la partie. À ce moment-là, les statisticiens donnaient à l’adversaire 99,6% des chances de remporter la victoire :
“But there is one thing that the pundits just don't get about this team—that they just don't get about this city. It's in that .4 percent that we go to work…”
Mamdani enchaîne en racontant la remontée miraculeuse de l’équipe newyorkaise, jusqu’à cette victoire qui est devenu le point tournant de la série. Il trace ensuite un parallèle entre la résilience des joueurs et celle d’une ville au complet. Une ville qui, même lorsqu’elle est acculée au pied du mur, n’est jamais battue.
« The Knicks did not just win for New York City—they won like New York City.
What is New York if not your back up against the wall, a dream that feels just out of reach, a rent payment you don't know how you will ever make? What is New York if not 99.6 percent of the world stacked against you? And who are New Yorkers if not people who hear those odds and smile? Who look at a .4percent chance of success and ask, "Why're you giving me a headstart?”
5. Finir en force. Tout de suite après l’extrait qu’on vient de lire, le maire Mamdani conclut avec ces mots :
“This is our city. This is our team. For 53 years, we watched. For 53 years, we waited. Now, we've won. »
Cette succession de courts énoncés, qui contiennent l’essence du discours, agit comme un point d’exclamation final. Notez aussi comment Mamdani « boucle la boucle » en complétant la phrase qu’il avait utilisée en ouverture.
On pourrait analyser le discours de Zohran Mamdani encore bien davantage mais je vais m’arrêter ici. La vidéo est sur Youtube, j’ai mis un lien plus bas. Je vous invite à la regarder pour prendre la pleine mesure du grand talent d’orateur de cet homme et de la qualité exceptionnelle de son allocution. Qui sait, peut-être verserez-vous une larme, vous aussi.
À bientôt.
Olivier
Voici le lien pour écouter le discours : https://www.youtube.com/watch?v=ciimC-cE_eI

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